Archive pour 9 janvier 2008

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La Voie Humide de Coralie Trinh Thi au Diable Vauvert

La Voie Humide de Coralie Trinh Thi au Diable VauvertEn fait de voie, c’est une voix que j’ai découvert à la lecture de ce bouquin, une dont la pureté est pour le moins prenante.

Parler de pureté à propos d’une ex-actrice de porno, ça peut prêter à sourire, et pourtant Coralie Trinh Thi, se livre ici sans concession aucune, sans autosatisfaction.

Le sentiment dominant que je retire à la lecture de ce livre, c’est d’avoir entendu quelqu’un se livrer avec la sincérité la plus absolue, ne laissant dans l’ombre ni ses failles, ni ses souffrances ni ses légitimes motifs de fierté.

Le style est fluide, le ton âpre parfois, et je me suis surpris à plus d’une reprise à m’arrêter sur un paragraphe particulièrement touchant et à le relire plusieurs fois d’affilée pour en tirer tout le sel. Je ne parle pas là des nombreuses descriptions à caractère sexuel qui émaillent toute la première moitié du livre, où elle décrit son ascension et sa carrière dans le X. Du reste, toute cette partie n’est pas sans intérêt, bien au contraire, on y découvre un petit monde plutoôt convivial dans l’ensemble, avec des gens admirables et des têtes de noeud (pardon), mais l’essentiel est encore ailleurs : comment cette jeune femme vit et ressent cette ascension, cette notoriété toute neuve, l’incompréhension des uns l’opprobre des autres face à des choix qu’elle a fait en toute conscience et assume pleinement.

On y trouve aussi une critique acerbe des médias, du star system, et des formules qui parfois font redoutablement mouche telles que : «le buzz : une stratégie de promotion de pointe, du marketing sournois consistant à faire courir des rumeurs aguichantes dans des milieux utiles». Ou bien, plus loin, à propos de la promo de Baise-moi le film qu’elle a co-réalisé avec Virginie Despentes (et que je n’ai pas vu, mais ça ne saurait tarder) :

«Les mass media sont des produits de consommation, ils racontent des histoires et créent des personnages, pour vendre de la peur et de la haine.
Mais on appelle cela: l’information. Leur seul but est de générer de l’argent par le jeu des taux d’audience télévisuelle, des publicités, du nombre d’abonnés… Montée de l’insécurité, sectes, drogues, jeux vidéo, tournantes :tout est bon. Chaque année la montagne tue, la mer tue, la piscine tue (!), autant de déclinaisons possibles d’une simplissime évidence : la vie tue. Est-il possible que personne ne leur ait dit cela ? Dans le meilleur des cas, on blame la simple paresse intellectuelle du journaliste qui fait son travail, et non un métier et qui doit rendre un sujet accrocheur dans l’urgence, pour recevoir un salaire. Tristement humain. Dans la majorité des cas, il s’agit de malhonnêteté intellectuelle avérée. La peur fait vendre. Mais on asservit la masse par la peur, et les médias collaborent avec un zèle abject. Le porno pervertit la jeunesse, dégrade l’image de la femme, incite au viol et provoque les tournantes… Tous ces journalistes engagés dans une mission, chiens du censeur et du fasciste, du pitoyable branleur au dangereux manipulateur, qui osent dénoncer la pornographie comme le pire des maux de notre société, ils me donnaient des envies de massacre
»

Pour la petite histoire, j’ai lu le paragraphe qui précède dans le métro le matin en allant au taf, et j’ai poussé quelque chose comme un «Wahouuh ! » retentissant accompagné d’un grand sourire, qui m’a valu quelques regards inquisiteurs de la part de mes voisins de rame…

Mon regret à la lecture de ce livre, est de n’être pas familier avec les arcanes du Tarot, qui en forment l’architecture sous-jacente, et en conséquence une grande partie du symbolisme m’a échappé. Cela dit, ce n’est pas indispensable pour savourer de bout en bout ce livre, où, quelque soit votre sexe, je parie bien que vous pourrez à un moment ou à un autre vous identifier et ressentir les réactions de l’auteur aux expériences qu’elle a vécues.

Allez tiens je vous mache même le boulot : on le trouve à la FNAC pour 19 € et c’est vraiment pas cher payé pour un ouvrage de cette qualité.

et sinon, le myspace de l’auteur http://www.myspace.com/lavoiehumide 

 

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Tricard au troquet

Eh bien voilà. Un peu plus d’une semaine que l’interdiction du tabac est devenue définitive dans les bars/restaus, etc… Une chose est certaine, je ne consomme pas moins de tabac qu’auparavant et je n’ai pas davantage l’intention d’arrêter le tabac qu’une semaine plus tôt. En revanche, depuis que le décret d’application de cette loi scélérate est devenu effectif, la chose que j’ai arrêté c’est le troquet.

J’avais pour habitude le soir de poser mes fesses à une table sympathique avant de rentrer chez moi, histoire de consommer une bière en fumant tranquillement une ou deux clopes et en lisant un ou deux chapitres du bouquin en cours. Peut-être discuter avec le patron ou un des clients, bref socialiser gentiment, sans implication particulière. C’est fini, au moins jusqu’à ce qu’au printemps la terrasse redevienne accessible pour ce genre de sport. (oui, je sais, je fume, je bois de la bière, et aussi du café, et je ne fais pas de sport, et je mange du chocolat, et par dessus tout j’emmerde les ayatollahs de l’hygiénisme qui voudraient régenter la façon dont je prend ou ne prend pas soin de moi. La vie ça tue tôt ou tard, je ne vois pas pourquoi je me ferais chier en attendant l’heure fatidique, et à quoi bon la prolonger de quelques années si c’est pour vivre tristement dans le déni des plaisirs qu’on peut en tirer ?)

L’autre jour, un ami m’a convié à boire un verre place de la Bastille, aux alentours de 20 heures. C’eut été drôle si ce n’était pathétique : les terrasses, ouvertes mais chauffées, des bars étaient prises d’assaut, tandis qu’à l’intérieur, les tables vides étaient légion. Et on parle ici d’un des hauts lieux de sorties parisiennes. Je préfère éviter de penser à ce que ce doit être dans des quartiers moins prisés, et je plains les patrons d’estaminet, condamné à attendre l’eldorado de ces nouveaux clients aux dents blanches, resplendissants de santé, responsables de leur corps dans les moindres détails

Mais finalement, au moins pour moi, avec les économies que je vais réaliser en n’allant plus dans les bars, et en évitant les restaurants, je vais me financer au moins une cartouche de cigarette par mois, c’est toujours ça de pris.

 




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Ils ont dit..

When they kick out your front door, how are you gonna come? With your hands on your head or on the trigger of your gun? [The Clash - Guns of Brixton] (pour les non anglicistes, y'en a :) Quand il exploseront ta porte d'entrée tu va sortir comment ? Tes mains sur la tête ou sur la détente de ton flingue ?

 

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