Archive pour la catégorie 'Humeur'

23
oct
10

Le doux visage de la tyrannie

Depuis plusieurs mois, je me tais. C’est une forme de lassitude qui est venue insidieusement, s’est glissée en moi sans que je m’en rende bien compte. C’est qu’on a tous une capacité d’indignation au-delà de laquelle, lorsqu’elle est atteinte, ne reste que la résignation.

A quoi bon en effet s’insurger, tous les jours à propos d’une nouvelle injustice, d’un nouveau scandale ? Le bruit qu’on fait ne sert plus a rien, il ne reste pas d’oreilles pour l’entendre, que ce soit celle de nos représentants, ou celles de nos concitoyens.

Nous sommes entrés dans une période très noire de notre histoire, et lorsque je dis cela c’est en pesant mes mots.

Le nazisme, le fascisme, le stalinisme, le franquisme et autres dictatures du vingtième siècle avaient au moins un avantage : le mal, pur et sans fard, ne se donnait pas la peine de se cacher. Les tyrans, sûrs de leur bon droit, y avançaient sans état d’âme massacrant à tour de bras, emprisonnant leurs opposants, usant de la torture, de la coercition, du meurtre et du génocide comme un moyen, efficace, de contrôler les masses.

Il est vrai que lorsque le moindre écart peut vous conduire à vous faire jeter du haut d’un hélicoptère pour servir de nourriture au requins, ou dans un camp de rééducation par le travail où vous finirez inéluctablement ou presque mort d’épuisement et de faim, vous avez tendance à mesurer vos paroles.

Tous, nous sommes bien heureux de vivre à une période et dans des contrées où ce type de barbarisme n’a plus court. Les occidentaux, dans leur grande majorité on renoncé à massacrer ouvertement leurs contemporains. C’est tant mieux me direz vous. Ouf tout ça est derrière nous et bon débarras !

C’est que, nos gouvernants sont civilisés.. Et quand je parle de nos gouvernants, je n’évoque pas forcément les politiciens. Civilisés, et hautement intelligents. On a bien compris de toutes parts (sauf chez quelques réfractaires) que le génocide c’est inefficace, le meurtre et l’emprisonnement politique assez mal vu dans l’ensemble, et surtout, c’est contre-productif : si on massacre une population on se prive d’une force de travail, si l’on emprisonne sans discernement les opposants, on suscite l’indignation, voire un climat de révolte parmi ceux qui les soutiennent.

Et du reste, pourquoi en effet adopter des méthodes qui n’auront pour résultat au final que de générer davantage d’opposants, de donner du grain à moudre à ceux qui ne sont pas d’accord voire, de leur faire prendre les armes ? Si l’occident désapprouve les méthodes de la junte Philippine, ce n’est pas tant par vertu que parce qu’elle donne un mauvais exemple.

Chez nous (et je parle au sens large des « démocraties » modernes) on a bien réalisé que ces méthodes sont au final plus coûteuses que celles qui se sont mises en places depuis quelques dizaines d’années.

Si l’on veut contrôler la plèbe, point n’est besoin de la battre, il suffit de la décerveler.

Lorsqu’on remplace dans l’esprit commun un idéal de liberté, de croissance de l’individu, d’échanges, de solidarité par une volonté de possession, un triomphe de l’individualisme, un repli sur soi-même ou sur sa petite communauté, on n’a plus besoin de chaînes ou de barbelés. Les chaines sont alors dans les esprits de tout un chacun.

On crée artificiellement des besoins, qui occupent l’esprit de tout le monde, et se garantit ainsi qu’occupé, le peuple ne songera pas à la révolte.

Certes, on sait bien que ça ne suffit pas, il reste toujours une poignée de mécontents. Et à ceux-là on donne aussi du grain à moudre. Loin de limiter comme on pourrait le craindre, la liberté d’expression, on la noie dans le bruit, et tant pis si un scandale gênant surgit de temps à autre, ça ne durera que le temps qu’on l’étouffe sous un bruit médiatique encore plus violent.

Bien sûr il ne sera pas question de tolérer les vrai opposants, ceux qui pourraient gêner le cours des affaires, mais pour ceux là, on pourra toujours créer un délit, les taxer de terrorisme, les piéger d’une façon ou d’une autre et les livrer à la vindicte populaire.

Dans le fond, en France, même si les méthodes de ce gouvernement laissent à désirer, nous avons de la chance : Le petit Nicolas est un maladroit, un énervé, un impulsif, un enfant colérique et capricieux dont l’autoritarisme incontrôlé dessert les buts. Il nous construit gentiment un état policier, à coup de novlangue, de décrets impopulaires, de lois plus ou moins scélérates, bâclées sans vraie réflexion sur leurs effets désirés à long terme.

Nicolas gouverne comme un empereur romain, comme une junte Philippine : il est dans la réaction, pas dans la réflexion. Certes, l’agitation perpétuelle, le sens du « JE fais quelque chose » (pour vos retraites, pour la protection contre les pédonazis, pour la sécurité, pour ..) donne de la matière aux médias mais au fond ce type ne restera qu’une petite tache sans importance dans le cours de l’histoire aussi oublié que le défunt René Coty.

L’influence en revanche des groupement d’intérêts qui le poussent lui et d’autres au travers du monde, elle, ne va pas cesser demain de se faire sentir.

Chez nous, demain ça se traduira probablement par une marionnette plus intelligente aux manettes de la législature, et probablement par l’ablation insidieuse et plus fondamentale de notre capacité de révolte, d’indignation, jusqu’à ce qu’enfin nous tendions volontairement nos poignets aux tyrans pour qu’ils nous enchaînent, et ce après nous être arraché nous-mêmes les yeux et bouché les oreilles.

La dictature camarade, de nos jours elle est photoshopée sur papier glacé, elle crache de l’euro-million en guise de rêves, elle distribue des paillettes éblouissantes sur tes écrans, elle invente tes besoins, elle t’empêche de penser, de réfléchir en parasitant ton « temps de cerveau disponible ».

Et si tu as besoin de t’indigner, ne ‘inquiète pas, il y aura toujours un terroriste, une mère congeleuse de bébé voire, quelle chance, une catastrophe naturelle pour retenir ton attention et exiger de ton député qu’il fasse quelque chose. Ton cerveau, distrait, occupé, n’aura jamais le temps de réfléchir aux raisons qui font que bien que toutes les conditions de ton bonheur soient réunies tu te sentes si malheureux, si inadéquat au fond de toi.

Au soir de ta mort, il ne te restera qu’à regretter alors de n’avoir pas vécu comme Sénèque l’enseignait et d’avoir gâché chacun de tes jours a des broutilles, tandis que se perpétuera sur tes descendants l’emprise des doux tyrans.

01
sept
10

Grand calme

Vous avez remarqué comme c’est calme ici depuis quelques temps (voire quelques mois…) ?

Cela dit ça me titille de republier un peu. Ce ne sont pas les raisons de s’énerver qui manquent. Ce qui manque un peu tout de même c’est la motivation.

A force de voir chaque jour des scandales plus énormes les uns que les autres émailler la vie politique, des lois stupides proposées dans le feu de l’actualité, d’autres plus insidieusement liberticides, ou outrageusement clientélistes se glisser à la faveur d’un amendement obscur, on fini par se sentir blindé, voire quelque peu dégoûté. Et c’est un tort. Le dégoût conduit au silence, et c’est à la faveur du silence que nos gouvernants peuvent se sentir tout permis. Bref il serait temps que la majorité silencieuse se remette à l’ouvrir.

14
avr
10

Le principe de précaution… et ses effets pervers

On vit une drôle d’époque.. Je m’en faisait l’autre jour la réflexion, faite à la fois d’avancées technologiques sans précédent dans tous les domaines et d’une trouille rampante digne des grandes peurs de l’an mil (et accessoirement de l’an 2000) face à ces avancées justement.

Remarquez, l’histoire récente (et un peu moins récente, que les moins de 20 ans me pardonnent) aurait tendance à donner raison à ceux qui préconisent la précaution.. Que ce soir la thalidomide, l’amiante, certaines substances n’ont pas eu que des effets bénéfiques sur l’ensemble de la société, c’est le moins qu’on puisse en dire.

Cependant, il y a un grand pas, qu’à mon avis nos sociétés sont en train de franchir, de la précaution à la frilosité. Qu’il s’agisse d’empêcher les gens de s’établir dans des zones potentiellement inondables, de bioéthique, de dangerosité supposée ou redoutée à tort ou à raison de malades mentaux, l’opinion publique ou plutôt ceux qui professent de la faire et de la défaire, voudrait qu’on applique dans tous les cas de figure possible le principe de précaution, qu’on n’envisage surtout pas la mise sur le marché d’un médicament, d’une substance, au motif qu’on ne connait pas les conséquence qu’elle pourrait engendrer à 10, 20 ans voire deux siècles de là. qu’on ne sait pas si une tempête pourrait frapper telle ou telle zone dans 3 mois ou 3 siècles.

C’est après tout en un sens assez louable. Qui ne voudrait se sentir en sécurité ?… Ah sécurité, voilà le mot qui fâche.. Car au fond ce “principe” n’est que l’expression d’une peur, pire même de la peur d’une chose qui pourrait ne même pas affecter ceux qui l’éprouvent.

L’emmerdement c’est que la peur est un marché.. pour les politiciens qui l’exploitent..( peur de mourir avant de partir en retraite, peur du voisin, du jeune, de l’étranger, du voleur de ton emploi ou de l’incendiaire de ta voiture), pour les médias qui en font leurs choux gras, y compris ceux que j’aurais tendance à considérer comme plus respectables que d’autres.

La peur institutionnalisée, fait vendre, fait voter “dans le bon sens”, redonne du peps à une popularité politique déclinante. Qu’on agite le chiffon rouge de l’insécurité, et madame Michu s’empresse de trembler, et d’approuver qu’en haut lieu on se préoccupe d’elle.

Sauf que bien sur en haut lieu, on s’en fout de madame Michu. Ce dont on ne se fout pas c’est de son bulletin de vote, et lui faire peur dans un premier temps, et dans un second temps prétendre “résoudre le problème” à grand effets de manches et d’annonce est une des méthodes favorite des démagogues de tous bords.

Mais ce fameux “principe”, n’est pas utilisé que par les politiques, loin s’en faut. Telle association revendiquera au nom du “principe de précaution” qu’on interdise telle ou telle avancée technologique. Pas plus tard qu’il y a quelques mois, les bibliothécaires parisiens se sont mis en grève au prétexte que les spots WiFi leur engendraient des migraines (à mon sens très certainement psychosomatiques) et la mairie de Paris a du reculer leur généralisation.

En son temps, le train aussi a été victime du “principe de précaution”. Nombre de voix s’élevaient contre les vitesses excessives des locomotives (à cette époque on devait tout de même friser le 40 km/h) qui allaient causer des dommages irrémédiables aux passagers.

Le principe de précaution, c’est la peur de l’inconnu, l’expression du repli sur soi, sur le connu. Si l’humanité l’avait appliqué depuis ses débuts dans son ensemble, on en serait encore à bouffer du steak de mammouth au fond d’une caverne confortable (non qu’il n’y ait pas quelque bon sens à désirer une vie simple).

Alors, bien sûr qu’avant la mise sur le marché de tel nouveau médicament, la généralisation d’une technologie, il convient de mener quelques études sérieuses (et indépendantes, parce qu’un tiers payé par ceux-là mêmes qui veulent commercialiser une nouveauté ne rendra jamais un rapport objectif, ou celui-ci sera enterré par le commanditaire) sur les conséquences éventuelles, on ne veut certainement pas revoir des horreurs du type Thalidomide. Mais une fois celles-ci menées honnêtement sans conclusion définitive dans un sens ou dans l’autre doit-on enterrer un progrès simplement parce qu’”on ne sait jamais” ?

23
sept
09

Les anachorètes commencent à me les brouter menu

Photo by Alejandro (creative commons)

On va encore dire, à raison du reste, que je m’énerve pour rien, mais je commence sérieusement à me fatiguer d’être assailli à tous les coins de rue par des pub jouant sur le malaise et la culpabilité sous-jacente de celui à qui on les inflige. La dernière en date pour du jambon moins salé c’est moins salé, donc “plus de plaisir”.

Je voudrais bien tenir le petit con de créatif qui a pondu ce concept. D’abord qu’est-ce qu’il en sait si mon plaisir à moi, c’est pas de faire disparaitre mon jambon ou mes frites sous une couche de sel épaisse comme celle du lac salé, justement ?

Mais plus insidieusement on m’indique quelque part que le sel c’est mauvais pour ma santé, qu’il faut que je bouffe 5 fruits et légumes par jour (eh pomme t’as de la chance si j’en bouffe 5 par an…), que je mange équilibré et nanana et nananère.

Puritain de la santé, t’as déjà réussi à me faire cesser de cloper au troquet, tu voudrais maintenant que j’y mange du céleri branche. Sache le bien mon coco, t’es pas au bout de tes peines. Pas que je fasse de la résistance, mais juste que je n’en ai rien à battre. Le bio j’ignore (jvois pas pourquoi je vais payer 20% plus cher une salade bio qui a pour moi le même gout qu’une salade transgénique standardisée), les incitations à ménager mon corps, avec ce que je m’enfile dans les poumons à longueur de journée tu t’imagines que je vais faire gaffe à ce que je me fourre dans le gosier ?

Mais la répétition et l’omniprésence du message commencent sérieusement à me faire chier. Et encore, j’ai du bol, je regarde pas la TV, je suis au moins épargné de ce côté là.

Pour ma part, je n’ai rien contre les gens qui veulent prendre soin d’eux, au travers de leur bouffe, du sport, de l’absence de tabac et autres pratiques destinées à leur conserver la jeunesse et la santé. Ils peuvent bien se torturer tant qu’ils veulent des toutes les façons qui leur plaisent dans l’espoir de parvenir à l’age de la retraite (bonne chance, à l’allure ou c’est repoussé tous les ans, le temps qu’ils y arrivent faudra être bicentenairre) en pétant la forme, je m’en tamponne royalement le coquillard.  Mais là où ça me gonfle c’est quand on essaie de me fourguer le lot en prétendant que c’est la seule “bonne” manière.

Je suis désolé mais non. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière de vivre, il n’y a que les choix qu’on opère, et j’ai fait les miens merci. Aussi j’aimerai que ces témoins de Jéhovah au petit pied cessent d’essayer de me refourguer leurs bibles sanitaires ou de prétendre que j’irais dans l’enfer métaphorique des petits vieux obèses et cancéreux parce que je ne respecte pas le dogme.

Non mais c’est vrai quoi, à ce rythme on va bientôt se refiler le cassoulet en contrebande à Barbès.

18
sept
09

I’ll be gone 500 miles…

J’ai ça dans la tête depuis trois jours, pas de raison que je ne vous en fasse pas profiter..


The City of New Orleans

by Steve Goodman
Arlo Guthrie Singing

Enjoy :)


Riding on the City of New Orleans,
Illinois Central Monday morning rail
Fifteen cars and fifteen restless riders,
Three conductors and twenty-five sacks of mail.
All along the southbound odyssey
The train pulls out at Kankakee
Rolls along past houses, farms and fields.
Passin’ trains that have no names,
Freight yards full of old black men
And the graveyards of the rusted automobiles.

CHORUS:
Good morning America how are you?
Don’t you know me I’m your native son,
I’m the train they call The City of New Orleans,
I’ll be gone five hundred miles when the day is done.

Dealin’ card games with the old men in the club car.
Penny a point ain’t no one keepin’ score.
Pass the paper bag that holds the bottle
Feel the wheels rumblin’ ‘neath the floor.
And the sons of pullman porters
And the sons of engineers
Ride their father’s magic carpets made of steel.
Mothers with their babes asleep,
Are rockin’ to the gentle beat
And the rhythm of the rails is all they feel.

CHORUS

Nighttime on The City of New Orleans,
Changing cars in Memphis, Tennessee.
Half way home, we’ll be there by morning
Through the Mississippi darkness
Rolling down to the sea.
And all the towns and people seem
To fade into a bad dream
And the steel rails still ain’t heard the news.
The conductor sings his song again,
The passengers will please refrain
This train’s got the disappearing railroad blues.

Good night, America, how are you?
Don’t you know me I’m your native son,
I’m the train they call The City of New Orleans,
I’ll be gone five hundred miles when the day is done.

05
mai
09

Réflexions d’un pirate

PiratePersonnellement je veux bien payer les artistes… Pas les intermédiaires qui font un métier de les exploiter, et d’exploiter à l’autre bout de la chaine le consommateur. Tant qu’on aura pas une rémunération digne de ce nom des créateurs, et non pas des gens qui leur bouffent la laine sur le dos, je continuerai à télécharger et à partager profusément et de façon tout à fait illégale, sans la moindre mauvaise conscience. S’il faut pour ça crypter ma ligne, anonymiser mon IP, tunneler sur du SSH, passer par des VPN, je vais pas me gêner.

Si Claude Chabrol en personne vient me taper 10 balles parce que j’ai regardé les Biches, je cracherai pas à lui donner. Si le distributeur vient me demander la même chose, c’est mon pied dans les burnes du robot corporatiste qui les réclame.

J’ai assez claqué de blé en vinyles, puis en CD, en VHS, puis en DVD, en taxe sur des supports vierges sur lesquels on m’interdit de copier via des verrous à la con. J’en ai ras le cul qu’on me prenne pour une vache à lait, j’ai ai ma claque de voir dans les catalogues de VOD les même bouzes hollywoodiennes de 20 ans d’âge (le cinoche de série B, sauf exception, c’est pas comme le pinard, ça vieillit mal). J’en ai marre de devoir patienter jusqu’à ce que tous les intermédiaires se soient bien gavés pour avoir le droit de voir un film à la TV (que je ne regarde plus, mais pour laquelle on me réclame toujours une redevance). Ça me gonfle de devoir attendre le bon vouloir de distributeurs français pour voir au cinoche un film sorti ailleurs trois ans plus tôt. Ça me gave de voir que des films superbes ne seront jamais distribués en salle parce q’UGC et Cie auront décidé qu’il n’y a pas de public pour et préfèrent à la place te refiler une merdouille formatée selon les meilleures règles du marketing avec screen testing et autres sondages de merde au mépris des intentions de l’auteur qui sera bien forcé de revoir son montage.

Le système de distribution de la culture est vérolé, pourri jusqu’à l’os, régenté par la maximisation des profits. et soyons clairs : j’encule les profiteurs, à sec et au fer rouge.

Alors, oui, je “pirate”. Non seulement je télécharge, mais je copie et je met à disposition. Et pire : j’en suis fier. Je fait ça depuis des années, et j’ai fait des milliers (oui, j’ai bien dit milliers, au pluriel) d’heureux. Quand je refile une copie d’un docu finlandais des années trente à trois pelés et un tondu et qu’ils aiment et le disent, ça me met du baume au coeur. Quand je fait découvrir un Viénet ou un court d’Anger à quelqu’un qui ne connaissait pas je suis content. Quand une copine me demande si par hasard j’aurais pas un film japonais des années soixante encensant le bondage, et que je met la main dessus, je suis fier de moi, et trop heureux de le partager. Et c’est pas parce que la sinistre de la culture, et le nain de l’Élysée sont inféodés aux lobbies de l’industrie culturelle que je vais arrêter.

Ce que ces abrutis oublient dans l’histoire c’est l’immense plaisir qu’on peut tirer de partager. Comme quand on donne un livre qu’on aime.  Comme quand on traine un môme au musée et que ses yeux brillent.

Et j’abandonnerai sous prétexte que les couilles en or des industriels de la distribution culturelle ne sont plus assez gonflées ? Autant me demander de cesser de respirer… Soyons clairs Hadopi ne me convaindra pas d’arrêter, juste de me cacher un peu mieux, ce que je n’aurais aucune peine à faire.

Et ce qui m’emmerde dans cette loi pompeusement dénommée “Création et Internet”, n’a même rien à voir avec les craintes qu’en tant que pirate assumé je pourrais avoir de me faire prendre. Non, ça a à voir avec le flicage systématique que par-ci par-là, de la Nouvelle-Zélande à la Grande Bretagne, les gouvernements modernes tentent de mettre en place. On crée médiatiquement des ennemis (pédophiles, mafieux, violeurs etc.. demandez à Frédéric Lefèvre), dans le but avoué de lutter contre eux, et dans le but autrement inavouable de contrôler la parole des gens. Hadopi n’est rien d’autre qu’une étape dans l’esprit des mafieux légaux qui régissent nos existences (et je ne parle pas là des gouvernements mais des multinationales qui les influencent).

La loi qui va passer, je vais me contenter de la violer au quotidien, et sans aucun remords, sans même le sentiment de commettre un délit. Et si d’autres du même genre lui succèdent, je chercherais tous les moyens techniques à ma disposition pour les contourner, et j’en ferais profiter mes potes.

Et toc.

26
fév
09

Black-Out

HADOPI - Le Net en France : black-out

Mes visiteurs habituels (je veux dire ce qui n’ont pas tapé “bébé chinois qui fument à poil” dans gougeule) auront noté le changement de couleur du blog. La raison en est que je suis le mouvement de black-out préconisé par la quadrature du net. (détails dans le lien… dossier complet et note de synthèse à transmettre à votre député (voir billet précédent) ci-dessous)

Télécharger le dossier complet (PDF) / la note de synthèse (2p PDF)

On peut aussi signer la pétition de SVM

On lira aussi avec intérêt Les 10 Bonnes raisons de dire non à HADOPI, un article de Guillaume Chapeau pour Numerama

Rejoindre le groupe Facebook “Pétition contre Hadopi

17
déc
08

La machine à faire mouiller les publicitaires

Panneau Numéri-Flash à la station Opéra. D.R.Tous ceux qui ont lu de la science-fiction un peu assidument sont tombés un jour ou l’autre sur un bouquin où le héros débarque d’un astroport quelconque et se fait agresser par une publicité envahissante, en général sous forme d’hologramme, qui s’accroche à ses basques.

La bonne nouvelle, c’est qu’on en est pas encore là. La mauvaise, d’un autre côté, c’est que la RATP, toujours à la pointe de la technologie quand il s’agit de rafler du blé, un peu moins quand il s’agit de réguler le trafic de la ligne 13 (mais je m’égare), s’apprête à déployer d’ici la fin 2009 de nouveau panneaux publicitaires intelligents.

Pour citer le communiqué de presse :

Constitué d’un écran LCD Full HD Samsung de 70 pouces (90cmx160cm), le Numéri-Flash est :

révolutionnaire et avant-gardiste car il offre de multiples possibilités en termes de diffusion : contenus sous forme d’images fixes ou animées et par la suite des images 3D.

intelligent, car il intègre bon nombre de fonctions performantes :

  • Diffuse des boucles de messages séparément, par groupe de mobiliers ou en réseau,
  • intègre des fonctions de diagnostic de pannes et de réparations automatiques,
  • intègre des capteurs qui régulent la température, l’hygrométrie, les chocs,
  • émet une alerte en cas de vibrations ou de chocs violents.

Pour la première fois, un média est conçu et installé avec son dispositif de mesure d’audience intégré. Le système est continu, seconde après seconde, 365 jours par an.

Ces aimables machins sont donc conçus pour renvoyer en permanence de l’information sur l’audience de telle ou telle pub, en temps réel à leur régie publicitaire. Et ce n’est pas tout, à terme, en passant devant ils enverront également des messages de pub ou des coupons de réduction vers votre portable, via des fonction Bluetooth. Les capteurs d’audiences, eux, sont capables de déterminer avec précision vers quelle partie de la publicité affichée l’attention du passant est attirée.

Déjà, ce profilage, ça m’agace un poil. Mais projetons nous un peu dans la tête du marketroïde de base… On a des capteurs d’un côté, des passants tous munis d’une carte à puce RDIF de l’autre (le fameux passe Navigo, devenu la norme dès le mois de janvier 2009). Maintenant, si on compile des données statistiques en temps réel, qu’on peut repérer par quoi un passant donné, identifié par sa puce Navigo, a été le plus attiré, en théorie, on pourrait afficher une pub individualisée à chaque passant (ou groupe de passants), et lui envoyer directement sur son portable un message personnalisé pour répondre à ses centres d’intérêt.

Bon, bon d’accord, je me projette, c’est de la science-fiction et je suis paranoïaque… Enfin dans les bouquins de SF sus-cité, je crois me souvenir qu’on pouvait se procurer des dispositifs anti-pub envahissantes, pour combattre ces saletés. Serait temps que quelqu’un se mette à les développer, je flaire une niche à occuper :)

12
déc
08

Je crois que je n’aime pas Anne Humbert.

Trois avocats conversant par Daumier Epidemik est un blog que je lis régulièrement depuis sa création, et sur lequel je ne taris pas d’éloges, tant par la qualité des billets, rédigés par un collectif d’auteurs variés, que par l’humour grinçant qui s’en dégage au fil des pages et des commentaires.

Seulement voilà, l’humour grinçant, ça ne convient pas à tout le monde, et ses victimes manquent parfois singulièrement de fair-play. Pour preuve, Anne Humbert, qui fut rédactrice en chef de LadiesRoom, cible de quelques piques dans les pages du blog sus-cité, plutôt que de rétorquer par le même biais a choisi la voie judiciaire pour faire retirer des billets la citant d’Epidemik.

Certes, on peut concevoir que la dame se sente blessée, victime d’une critique injustifiée, mais était-il nécessaire d’en arriver aux mises en demeures, aux menaces de poursuites, à l’acharnement judiciaire ?

On sait que l’exemple vient de haut, notre président n’hésitant pas à se couvrir de ridicule en poursuivant des fabricants de jouets à son effigie, une journaliste peut se sentir dans son droit de demander le retrait d’un texte la concernant. Cependant on peut aussi trouver la réaction disproportionnée. Les prétoires sont déjà suffisamment encombrés sans qu’il soit besoin d’y ajouter les griefs du premier venu qui s’est fait quelque peu malmener par voie de presse. Il existe une chose nommée “droit de réponse”, qui en l’occurence, à mon sens, eut été bien suffisante, et qui, si on le manie avec un tant soit peu de brio (et n’oublions pas que le métier d’Anne Humbert est d’écrire), peut retourner les rieurs dans votre camp.

Mme Humbert n’a pas choisi visiblement d’exercer ce droit, préférant la menace et la censure, ce n’est pas à son honneur, et, sans la connaître ni préjuger des qualités humaines dont elle fait peut-être preuve par ailleurs, je dirais qu’au vu de ces actes, je crois que je n’aime pas Anne Humbert.

Pour plus d’infos, reportez vous à ces billets :

Epidemik mis en demeure pour une phrase

De l’affectation et du préjudice

24
nov
08

Foutages de gueules

Toujours dans la série des choses qui m’agacent. Qu’est-ce que je peux être agacé depuis un moment…

Bataille de chiffres au PS.

Déjà qu’en France, l’opposition n’était plus qu’un terme pratique pour la droite histoire de perpétuer l’idée fallacieuse que nous vivons dans une démocratie, voilà que le seul parti politique de taille suffisamment conséquente pour pouvoir espérer mettre un jour un terme au règne sans partage du néolibéralisme nous joue la pièce lamentable que l’on sait. Putain, quels cons !

Vous pensez qu’avec ces conneries on en a pas fini avec les empaffés qui nous gouvernent ? Vous avez raison.

La main droite te taxe, la main gauche t’embastille.

Dans la série des trucs pénibles à avaler, il y a toujours la loi HADOPI, passée en procédure d’urgence histoire qu’elle soit adoptée avant le vote définitif de l’Europe qui via l’amendement 138 au Paquet Télécom a rejeté à 88% l’idée qu’on puisse couper l’accès à internet à quelqu’un en dehors de toute procédure judiciaire. Ça ne grandit pas le nain, monté au créneau personnellement sur ce coup là.
Mais si ça ne suffisait pas voilà que la Commission pour la copie privée ou Commission d’Albis,  qui fixe les rémunérations  pour le droit à la copie privée propose une augmentation de 15% de la taxe sur les produits électroniques (DVD vierges, clés USB, badadeurs multimédia et autres disques externes), au prétexte que ces produits serviraient essentiellement à stocker des fichiers piratés.

J’aimerai comprendre la logique.. D’un côté on cherche à nous taxer l’utilisation d’outils de stockage pour compenser le manque à gagner soi-disant dû au piratage (manque à gagner qui reste à prouver, nonobstant les déclarations grandiloquantes des sociétés d’auteurs et autres lobbies de l’industrie du divertissement), de l’autre on veut mettre fin à la copie illégale en votant des loi qui légitiment la surveillance de nos actes par des société privées en dehors de tout cadre judiciaire.

De deux chose l’une : soit la loi Hadopi est votée et devient efficace, dans ce cas la copie de contenus protégés devient inexistante, et les raisons de l’augmentation cette taxe deviennent caduques, soit il est impossible de mettre fin à la copie de contenus protégé, la taxe a bien une raison d’être, mais dans ce cas, l’adoption de la loi Hadopi n’est qu’une mascarade.

Vous avez le sentiment qu’on se fout de votre gueule ? Vous avez raison.

Travailler plus longtemps pour pas gagner moins.

Après le vidage de substance de la durée légale du travail à 35 heures, notre bien aimé gouvernement entends nous faire travailler jusqu’à notre mort ou presque. Cumuls de boulots, prolongation jusqu’à 70 balais… Rappelons qu’en France l’espérance de vie moyenne pour les hommes est de 77 ans, pour les femmes, de 84. Et qu’il s’agit d’une moyenne.
Personnellement, je ne me sens pas de me la jouer comme Molière, et de mourir en scène. Mais évidemment si tu fais bosser les gens jusqu’au jour de leur mort, ça résoud d’une certaine façon le problème du déficit des caisses de retraites.

Vous êtes comme moi, vous avez le sentiment qu’on nous mène à l’abattoir ? Vous avez raison.

La guerre ça tue

Notre mini président exprime sa “profonde émotion” à l’annonce de la mort d’un adjudant en Afghanistan et dénonce les “méthodes lâches et barbares” des “terroristes”. Ben ouais. On envoie des gens faire la guerre et après on s’étonne qu’il y ait des pertes et que l’ennemi se laisse pas gentiment buter sur place.

En cherchant bien, on devrait pouvoir retrouver des communiqués qui dénoncent la lacheté et la barbarie des terroristes, émanant d’à peu près n’importe quelle autorité en guerre contre un groupe réduit… La propagande ça ne change guère de méthode, quels que soient ceux qui controlent les média à un instant donné.

Vous avez l’impression qu’on vous jette de la poudre aux yeux ? Ouais, vous avez raison.




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Ils ont dit..

When they kick out your front door, how are you gonna come? With your hands on your head or on the trigger of your gun? [The Clash - Guns of Brixton] (pour les non anglicistes, y'en a :) Quand il exploseront ta porte d'entrée tu va sortir comment ? Tes mains sur la tête ou sur la détente de ton flingue ?

 

mai 2012
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